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Devant le tribunal de Tokyo, Carlos Ghosn a clamé son innocence et son intégrité mais n’apporte pas d’éclaircissement sur les accusations dont il fait l’objet

Communiqué de presse
08/01/2019

Depuis son arrestation le 19 novembre 2018, la presse a relayé quasiment chaque semaine de nouvelles accusations de malversations ou de délits supposés par le parquet de Tokyo et par Nissan.   
 
Pour mémoire, Carlos Ghosn aurait minoré de 38 millions d’euros ses rémunérations dans ses déclarations au fisc japonais entre 2010 et 2015 puis sur 3 autres années. Par une filiale implantée au PaysBas, Nissan aurait acquis au profit de Carlos Ghosn pour plus d'une vingtaine de millions d'euros, un vaste appartement dans le XVIe arrondissement parisien, une villa dans un des quartiers les plus chers de Beyrouth, un appartement à Rio de Janeiro au Brésil, ou encore un duplex à Tokyo au Japon. Nissan affirme également avoir payé la sœur du PDG 1,7 million de dollars sans "qu'aucun travail effectif n'ait été réalisé ». Enfin, le parquet soupçonne Carlos Ghosn d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan". Il lui est reproché d'avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008, pour une somme incriminée qui s'élève à 14,5 millions d'euros.  

Ce dernier point est le seul sur lequel Carlos Ghosn s’est en réalité exprimé. Il a expliqué qu’il était payé en yen japonais. Pour assurer un taux de change yen/dollars non pénalisant, il « a conclu des contrats de change au cours de son mandat chez Nissan à compter de 2002. Dont deux sont en cause dans la procédure qui le concerne. Il a expliqué « qu’avec la crise financière de 2008-2009, le taux de change yen / dollar est tombé en dessous de 80%. L'ensemble du système bancaire a été gelé et la banque a demandé une augmentation immédiate de sa garantie sur les contrats, ce qu’il ne pouvait pas satisfaire seul ». Il a donc demandé à Nissan (qui aurait accepté en toute connaissance de cause) de prendre temporairement en charge la garantie, tant que cela n’entraîne aucun coût pour la société, le temps qu’il recueille une garantie auprès de ses autres sources. Carlos Ghosn assure que les contrats de change lui ont ensuite été transférés sans que Nissan ne subisse de perte. 

Face au tribunal de Tokyo le 8 janvier 2019, Carlos Ghosn n’a donc apporté quasiment aucun éclaircissement sur les délits ou malversations relayés par la presse française et internationale. Et encore moins sur les entreprises et filiales obscures de Renault et Nissan implantées au Pays Bas !  

Lorsque M. Carlos Ghosn, justifie la conclusion de contrats de change et sa demande auprès de Nissan parce qu’il voulait « ... des revenus prévisibles pour l'aider à prendre soin de sa famille. », il oublié manifestement les politiques de mise en concurrence à travers le monde qu’il a imposé aux salariés de Renault/Nissan. Stratégie engendrant des milliers de suppressions d’emplois avec des conséquences sociales délétères pour les populations, des salaires toujours plus bas, des conditions de travail déplorables et une explosion de l’intérim dans les deux entreprises. Stratégie de Carlos Ghosn qui pour une part croissante de salariés, ne leur permet plus de prévoir l’avenir et « prendre soin de leur famille ». 

La CGT réaffirme la nécessité de faire la lumière sur ces affaires. La direction de Renault ne peut plus rester muette. Elle doit donner aux administrateurs salariés et aux organisations syndicales les informations qui lui ont été communiquées par Nissan. Elle doit, comme le Ministère de l’économie l’a demandé dimanche suite à l’interpellation de la CGT, s’expliquer sur le fonctionnement de la société RNBV implantée aux pays bas (qui décide de la stratégie de Renault), le montant des rémunérations que perçoivent les dirigeants de Renault par cette société...  

Enfin, la question de l’avenir de Renault en France, de son outil industriel et de son ingénierie doit être mise sur la table au plus vite.   


Communiqué CGT Renault 08012019.pdf Communiqué CGT Renault 08012019