Recycler et réparer

La CGT Renault revendique de développer en interne ce type d’activité en utilisant les chaines de montage pour démonter et recycler les véhicules en fin de vie. 
C’est à la clé des emplois et le développement de la filière automobile française.

En 2018 en France :
Véhicules neufs : 2 173 481 immatriculations en France.
Véhicules d’occasions : 5,7 millions vendus.
Âge moyen des véhicules circulant en France :  + de 10 ans.
• Parc automobile particulier :  39 millions de véhicules

Dans ce contexte, le recyclage et la réparabilité des véhicules est un enjeu important autant pour l’environnement que pour la société.

Recyclage des véhicules en fin de vie

Aujourd’hui, les véhicules automobiles sont composés à plus de 75 % de métaux et de 25% de plastiques, de verre et d’élastomère. D’où l’importance de réutiliser le plus possible ces matières plutôt que de les jeter.

Une filière non négligeable sur le plan environnemental et social

La filière de traitement des véhicules hors d’usage (VHU) est composée de 3 402 salariés répartis dans 404 entreprises. (Source ANFA.) 

En 2016 :
• 1,1 million de VHU ont été pris en charge par la filière.
• 500 000 véhicules sont passés par des filières illégales (casse sauvage, marché noir de la pièce d’occasion).
• 400 000 véhicules par la filiale « grise » (exportation vers des pays en développement via des ports étrangers).
Une partie des VHU est exportée vers l’Allemagne, la Belgique ou le Royaume Uni, car ces pays présentent des infrastructures de recyclage plus compétitives. (Source XERFI 2016.)

Le chiffre d’affaire de la profession était de 500 millions d’euros en 2015, dont 300 millions reposaient sur la pièce de réemploi (source CNPA).
La valorisation du recyclage des métaux et plastique fluctue au grès des marchés des matières premières. Plus le prix des matières premières est élevé plus le recyclage est rentable. La pièce détachée d’occasion est à l’abri de ces fluctuations.

L’avenir

Compte tenu de l’augmentation des contraintes budgétaires pesant sur les ménages et de la règlementation sur les véhicules endommagés permettant d’inclure dans le coût de la réparation les pièces de réemploie, le recyclage des véhicules permettrait de créer des emplois tout en ayant un impact positif important pour l’environnement. Depuis le 1er janvier 2017, le client peut demander aux professionnels de l’automobile la réparation ou l’entretien de son véhicule à partir de pièces d’occasion plutôt que neuves. 

Recycler mais pas que…

Avant d'avoir recours au recyclage il faut privilégier :
• la qualité des véhicules,
• le réemploi,
• la réparation.

Le chiffre d’affaire de la filière recyclage est tiré par la pièce de rechange d’occasion. Le recyclage favorisera la création d’emplois de qualité. 

Vers une autre conception !

Une nouvelle vague d’ingénieurs influencés par le marché, qui souhaite concevoir des objets jetables, s’impose dans les années 50.
Aujourd’hui, cette philosophie perdure sous un autre nom, le cycle de vie des produits de consommation. L’éthique n’existe plus dans un monde dominé par un seul objectif : l’achat fréquent et répété. Cette philosophie génère une très grande quantité de déchets et dans un monde souffrant d’une insuffisance de ressources, elle n’a pas de sens.

Parallèlement aux filières de recyclage et de réparation l’ingénierie automobile a le devoir d’ajouter à ses cahiers des charges la durée d’utilisation d’une voiture. Ce changement de paradigme aurait un impact immédiat sur les comptes de l’entreprise. Les provisions sur les coûts de garantie qui s’élèvent à plus d’un milliard d’euros en 2019 seraient fortement réduites, ce qui permettrait des investissements dans les salaires et dans l’amélioration de l’outil industriel. De plus en concevant des véhicules durables et réparables, l’industrie automobile contribuerait grandement au sauvetage de la planète. Mais cela nécessite d’y mettre les moyens suffisants (embauches en CDI…) !