Que restera-t-il de Renault et de la filière automobile en France ?

Actualité du 11/10/2018


Conférence de presse de la Coordination CGT Renault du 11 octobre 2018 au mondial de l’automobile 

Les dirigeants des grandes entreprises ont coutume de dire qu’un problème particulier, une contrainte, doit devenir une opportunité.

Le dieselgate, puis les interventions visant les interdictions politiques du diesel sont devenus des opportunités pour la direction générale.

La baisse des ventes du diesel qui s’en suit leur permet de justifier la baisse des niveaux de charges des établissements de Renault en France, mais plus largement dans la filière automobile française.

Il est d’abord important de rappeler qu’en interne et bien avant le dieselgate, les ingénieurs, les techniciens ont alerté la direction de Renault sur la nécessité d’investir dans des systèmes de dépollution et notamment sur le diesel, requérant des investissements dans la recherche en adéquation avec un niveau de technicité et de qualification conséquent.

Avec le refus d’une baisse des marges (300 € par véhicule), les accords de compétitivité ont au contraire généré un départ massif de salariés avec leur savoir-faire (plus de 10 000 départs depuis 2013) fragilisant d’autant plus les secteurs de l’ingénierie tertiaire déjà affaiblis, notamment ceux travaillant dans ce domaine. Résultat, les systèmes de dépollution beaucoup plus soucieux de l’environnement ne font qu’à peine voir le jour.

D’autre part, au moins en interne chacun connaît la surdité de Carlos Ghosn aux nombreuses sollicitations des salariés et des organisations syndicales qui, depuis un certain nombre d’années, demandent à travailler sérieusement sur le véhicule hybride.

Il a récemment modifié légèrement sa position, lorsque dans les Echos du 4 octobre, il indique que nous ferons « de l’hybride ou de l’hybride rechargeable... ». Mais il ajoute, « ... dans certains pays où ils sont comptés pour les bonus... et nous ne chercherons pas à prendre le leadership sur ces technologies ».

Choix donc récent et limité, couplé à l’affaiblissement considérable des moyens internes avec entre autres, le départ de nombreux salariés, techniciens et ingénieurs. Résultat, au mieux Renault ne sortira pas d’hybride avant 2020. Or depuis le début de l’année, les constructeurs qui compensent le mieux la baisse des ventes du diesel sont ceux qui proposent de l’hybride.

On peut donc affirmer que d’une part, les constructeurs automobiles portent une lourde responsabilité sur la pollution de la planète, du bien commun des hommes et des femmes de notre planète, obsédés par la seule rentabilité courtermisme offerte aux actionnaires. 

Téléchargez ci-dessous le texte complet de la conférence de presse.


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