Des résultats financiers records, pour qui et pour quoi faire ?

Actualité du 22/08/2019


Comme dans bien d’autres entreprises, la création de valeur pour l’actionnaire est devenue chez Renault l’unique étalon des « performances financières » de l’entreprise. C’est l’axe central, l’outil de pilotage quasi unique de sa stratégie visant l’augmentation sans fin des dividendes et de la valeur boursière de l’action.

Pour en sécuriser la trajectoire, les rémunérations de Carlos Ghosn et des membres du comité de direction de Renault sont indexées à cet objectif avec le versement démesuré de la part variable du salaire, l’attribution de stock-options et d’actions gratuites. Ils sont des « mandataires » révocables à défaut d’atteindre les objectifs de rentabilité. En contribuant à « faire le bonheur des actionnaires » nos dirigeants assurent ainsi le leur !

Les décisions d’investissement sont alors concentrées sur les seules activités les plus rentables dans un temps court, celles susceptibles de dégager un retour sur investissement à deux chiffres. Les autres, jugées insuffisamment rentables (rentabilité à un chiffre) ne verront jamais le jour et celles existantes sont abandonnées.

2017 aura été l’année de tous les records financiers : 5,2 milliards de résultat net, une marge opérationnelle de 6,6 %, un free cash-fl ow de 945 millions d’euros... et plus d’1 milliard de dividendes versés aux actionnaires. Et Carlos Ghosn affiche l’ambition d’aller encore plus loin « avec des profits multipliés par 3 d’ici la fin du plan en 2022 (par rapport à 2016) ... ». Les actionnaires ont toutes les raisons d’être satisfaits avec une pareille santé financière.

Mais qu’en est-il de la santé des salariés, de leur pouvoir d’achat, de notre ingénierie, de notre outil industriel, de notre production française et de notre réseau commercial comme ce journal se propose de le faire.

Les conditions de vie et de travail ne cessent de se détériorer de l’ouvrier (intérimaires ou CDI) à l’ingénieur et cadre. L’incapacité à pouvoir faire son travail en qualité se généralise à toutes les catégories professionnelles avec des conséquences délétères pour la santé. Les salaires sont maintenus au point bas. La part individuelle des salaires est dépendante des objectifs le plus souvent inatteignables et déconnectés du réel du travail.

Le turn-over, la prestation explosent dans l’ingénierie, cantonnée au faire faire, dépouillée de ses compétences et celles qui demeurent sont ignorées. Les restrictions budgétaires deviennent la règle, des projets pourtant novateurs sont gelés et de nombreux services sont en pénurie de compétences.

En usines, les embauches ne compensent pas les départs et le recours à l’intérim est toujours aussi important (80% sur les chaînes de montages) avec des conditions de travail d’un autre temps.

Les volumes de production en France (780 000 en 2017, partenaires compris) restent au niveau du début de la crise et largement dopés par la fabrication du Trafic (démarré en 2013), précédemment réalisée en Espagne et en Angleterre. La France ne produit plus que 19 % des véhicules particuliers Renault produits en Europe en 2017 contre 30 % en 2012, 53% en 2004 participant largement au déficit de la balance commerciale française.

Les ventes de la gamme Renault (Twingo à l’Espace) sont très loin d’être au niveau des ventes d’avant crise et l’essentiel des Renault vendues en France est fabriqué en dehors du sol national.

Enfin, si le réseau commercial se bat pour corriger les défauts de nos véhicules et sauvegarder l’image de la marque auprès de nos clients, la mission qui leur est assignée se résume à saigner les clients sur la maind’oeuvre et les pièces détachées. Bref, une stratégie financière court-termiste, dramatique sur le plan social et humain. Une tumeur qui paralyse la capacité de l’entreprise à répondre aux besoins de mobilité des populations et des contraintes environnementales. Une stratégie pour le bonheur de quelques-uns au détriment de l’intérêt commun du plus grand nombre.

Raisons pour lesquelles la CGT ne cautionne pas les accords de compétitivités et défend une stratégie industrielle innovante, de reconquête et qui s’appuie sur le savoir-faire et les compétences des salariés. 

Pour l'entreprise et les salariés :

  • une croissance en trompe l'œil
  • l'intéressement en baisse, bien loin de la part des actionnaires
  • des effectifs qui s'écroulent
  • des conditions de travail qui se détériorent
  • une augmentation de la précarisation et de l'externalisation
  • une baisse de l'investissement
  • une droit syndical en baisse

Pour les actionnaires et les principaux dirigeants :

  • rémunération des dirigeants qui explose depuis 2013

Pour plus d'information sur tous ces points et connaître les revendicaitons de la CGT télécharger le document ci-dessous.


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