ACCORD DU 5 AVRIL 2002
RELATIF AU PARCOURS PROFESSIONNEL DES CHEFS D’UNITE ET DES CHEFS D’ATELIER EN
EXPLOITATION INDUSTRIELLE PORTANT AVENANT A L’ACCORD DU 28 MAI 1993 RELATIF A
LA FILIERE DE MAITRISE EN UNITE ELEMENTAIRE DE FABRICATION
ENTRE :
RENAULT S.A.S.
représentée par M. Jean-Michel KEREBEL
Directeur Central des Ressources Humaines
d'une part,
ET :
Les
organisations syndicales ci-dessous :
|
C.F.D.T. représentée
par M. Fred DIJOUX |
C.G.T. représentée
par M. Philippe MARTINEZ |
|
C.F.E./C.G.C. représentée
par M. Robert MALHERBE |
C.F.T.C. représentée
par M. Serge DEPRY |
|
F.O. représentée
par M. Lucien MEREL |
|
d'autre part,
IL A ETE CONVENU
ET ARRETE CE QUI SUIT :
PREAMBULE
RENAULT
S.A.S. poursuit sa politique dynamique d’amélioration de la performance du
système industriel. Le développement des Unités Elémentaires de Travail a été
un élément contributif important au progrès. Cette démarche, maintenue, est
amplifiée avec le déploiement du Système de Production RENAULT.
Le
Système de Production RENAULT impacte l’activité des différents acteurs de
l’U.E.T. et, en particulier, celle des Chefs d’Unité.
Désireuse
d’accompagner, dans le domaine de la gestion des ressources humaines, les
évolutions de l’entreprise, RENAULT S.A.S. a souhaité ouvrir une réflexion sur
l’adaptation des compétences et du système de gestion des Chefs d’Unité en
Exploitation Industrielle.
La
direction et les organisations syndicales signataires réaffirment, par le
présent accord, modifiant l’accord du 26 mai 1993, le rôle majeur du Chef
d’Unité en exploitation industrielle[1]
dans le management et l’animation des Unités Elémentaires de Travail et propose
de nouvelles opportunités de développement de parcours de carrière.
ARTICLE 1.-.
MODIFICATION DE L’ACCORD DU 23 MAI 1993
Les
dispositions des articles 1, 3, 4 et 6 de l’accord du 23 mai 1993 relatif à la
filière de maîtrise en unité élémentaire de travail d’exploitation sont
remplacées par les dispositions suivantes :
« Article 1er.
Organisation de la filière 611
La
filière 611 est organisée en deux niveaux. Le premier niveau est celui de Chef
d’Unité.
Le
Chef d’Unité en exploitation industrielle constitue le premier niveau
d’encadrement des établissements industriels. Il est directement rattaché au
chef d’atelier ou à son équivalent. Il assume la responsabilité hiérarchique
d’un groupe d’agents de fabrication et/ou d’agents ou techniciens
professionnels, exerçant des métiers différents (maintenance, production,
contrôle, outillage, logistique...) appelé Unité Elémentaire de Travail. Sa
responsabilité s’exerce sur l’animation des hommes, le domaine technique et la
gestion des moyens.
Il
est responsable de l’amélioration de la performance de l’UET, du développement
de la culture des standards et du développement des ressources humaines.
Le
salarié qui occupe ces fonctions de manière permanente doit relever de la
filière 611. En cas de mise en place d’équipes provisoires (3e
équipes, équipes de fin de semaine...), les dispositions de l’article 7 de
l’annexe de l’accord à vivre du 29 décembre 1989 s’appliquent aux salariés
amenés à occuper provisoirement cette fonction.
Article 3. Accès au premier
niveau de la filière 611 et parcours professionnel
3.1. Accès à la filière
L’accès
au premier niveau de la filière 611 se fait sur la base d’un parcours
professionnel tenant compte des origines professionnelles et des connaissances
des intéressés.
Le
métier de chef d‘Unité nécessite des connaissances générales et techniques, des
qualités de « leadership », d’animation d’équipe et de formateur
ainsi qu’une connaissance concrète des postes de travail de son métier et de
leur environnement.
Les
Chefs d’unité sont issus, pour la plupart, de la filière des opérateurs de
fabrication (filières 100). Ils peuvent également provenir de la filière
maintenance et de la filière techniciens.
3.2. Identification et
formation des Chefs d’unité potentiels
3.2.1. Identification
Les
chefs d’Unité potentiels sont identifiés puis gérés par un comité d’orientation
ressources humaines mis en place dans chaque département et dirigé par le chef
de département.
L’identification
s’opère à partir de la proposition motivée de la ligne hiérarchique, sur des
critères objectifs de compétences professionnelles et managériales et dans le
respect des conditions d’accès au coefficient 285, c’est à dire une évaluation
des connaissances générales (ECG), sous réserve des cas de dispense prévus par
l’entreprise, et une évaluation des aptitudes intellectuelles (EAI).
3.2.2. Sélection
La
décision de valider un candidat comme futur Chef d’Unité est prise par le
Comité de Direction de l’établissement. Le Service des ressources Humaines
garantit le respect du processus.
3.2.3. Formation
Le
futur Chef d’Unité est formé, avant d’être affecté à sa nouvelle fonction.
La
formation porte sur les éléments suivants :
- la maîtrise des
principaux outils liés à l’exercice de la fonction dans le domaine de la
production, de la qualité, des ressources humaines et de la logistique,
- la maîtrise des
principaux processus de gestion individuelle et collective des salariés,
- la maîtrise des
applications informatiques courantes.
Article 4. Evolution de
carrière
4.1. Mise en place et
parcours formatif initial
Dès
son entrée en fonction, le Chef d’unité est nommé au coefficient 260.
Durant
cette période, le Chef d’Unité complète ses connaissances dans le domaine de
son métier et dans le domaine managérial et suit le tronc commun de la
formation « management chefs d’unité de fabrication », qui comporte
notamment un volet relations sociales.
4.2. Gestion des Chefs
d’Unité sur trois niveaux
Au
terme de son parcours formatif initial, d’une durée d’un an, le chef d’Unité
entre dans un système de gestion à trois niveaux. Si ce parcours n’est pas
probant, une réorientation est décidée par l’établissement.
Pour
chaque niveau, le Chef d’Unité exerce les compétences suivantes :
* Coefficient 285 - Chef d’Unité
qualifié :
Exerce
les compétences nécessaires au bon fonctionnement de l’UET, dans l’ensemble des
objectifs : réalisation de la production au quotidien, déploiement et mise
en œuvre des objectifs et des plans d’actions de l’UET, établissement et
amélioration des standards opérationnels de l’UET, garantie de la qualité,
maintien des moyens de production, recrutement, animation et gestion du
personnel de l’UET.
* Coefficient 305 - Chef d’Unité
confirmé :
Anticipe
les problèmes, pilote et rationalise le fonctionnement de l’UET, propose des
améliorations. Identifie les écarts et les opportunités de progrès, développe
les outils de management pour faciliter la compréhension des problèmes.
Améliore les standards, assure et optimise l’intégration des nouvelles
opérations. Analyse, synthétise et expose les problèmes complexes ou récurrents
pour solliciter l’aide de sa hiérarchie.
* Coefficient 335 - Chef d’Unité
principal :
Exerce
des compétences transverses, conçoit et met en œuvre des supports de
management, contribue à l’élaboration des modes opératoires standards, valide
la performance de nouveaux moyens et contribue à leur mise en place, propose et
prépare des évolutions de carrière pour ses opérateurs hors de l’UET.
Les
exigences d’entrée dans la filière permettent d’aller jusqu’au coefficient 335
par l’acquisition des compétences et l’exercice normal du métier selon les
niveaux de compétences définis dans le présent article et précisés dans le
référentiel de compétences. Ce coefficient est donc désormais accessible à
l’ensemble des Chefs d’Unité.
Les
conditions de promotion entre ces trois niveaux obéissent aux règles générales
applicables au personnel ETAM, notamment en ce qui concerne la durée minimale
de temps de passage entre chaque coefficient. Les promotions s’effectuent dans
le cadre du comité d’orientation des ressources humaines du département, sur
proposition du supérieur hiérarchique de l’intéressé.
Article 6. Dispositions
transitoires pour la gestion de certains Chefs d’Unité en poste
Les
Chefs d’Unité au coefficient 260 en fonction à la date d’entrée en vigueur du
présent accord, ne remplissant pas les conditions fixées à l’alinéa 2 de
l’article 3.2.1 du présent accord et poursuivant leur activité professionnelle
dans la filière 611, bénéficient d’un parcours formatif complémentaire adapté.
Ce parcours est centré sur la connaissance de l’entreprise et de son
environnement économique ainsi que sur les éléments de connaissances générales
nécessaires à l’intéressé.
La
décision d’évolution au coefficient supérieur est prise par le Comité de
Direction de l’établissement, sur proposition motivée de la ligne hiérarchique.
Le Comité de direction prend en compte les qualités professionnelles, résultant
notamment de l’expérience, du Chef d’Unité et ses efforts de formation.
Les
chefs d’unité au coefficient 285, âgés de plus de 50 ans, et qui ont atteint le
maximum de la fourchette de rémunération applicable à ce coefficient peuvent
bénéficier de la même procédure pour évoluer au coefficient 305.
Article 6 bis. Prime
d’encadrement en exploitation industrielle.
Pour
reconnaître les compétences techniques et managériales effectivement mises en
œuvre par les chefs d’unité et chefs d’atelier en exploitation industrielle,
ceux-ci bénéficient d’une prime appelée « prime d’encadrement en
exploitation industrielle ».
Cette prime
comporte deux éléments :
- Une part fixe, liée à l’exercice
effectif des fonctions d’encadrement en exploitation industrielle dont la
valeur annuelle est fixée à 450 euros. Cette partie versée par moitié chaque
semestre.
- Une part variable, attribuée semestriellement par le chef de département ou son
équivalent, au vu de la tenue des objectifs définis en début d’année dans le
cadre du plan d’accélération de progrès de l’établissement.
L’attribution
de cette prime est l’occasion d’un dialogue approfondi entre l’intéressé et son
supérieur hiérarchique.
Dans
le cas où la performance ne permet pas d’attribuer la prime, les motifs de
cette décision sont formalisés par un écrit remis à l’intéressé. Cette prime
d’encadrement se substitue à toute autre prime ayant le même objet. »
ARTICLE 2.-.
DISPOSITIONS GENERALES
Le
présent accord est conclu dans le cadre des articles L 132-1 et suivants du
code du travail pour une durée indéterminée et s’applique à compter du 1er
mai 2002, à l’exception des dispositions de l’article relatif à la prime
d’encadrement en exploitation industrielle qui s’appliquent à compter du 1er
janvier 2003.
Les
parties signataires conviennent de se réunir dans un délai d’un an après
l’entrée en vigueur de l’ensemble de l’accord pour examiner ensemble le bilan
de son application à cette date.
Les
dispositions du présent accord se substituent de plein droit aux dispositions
contraires de l’accord du 28 mai 1993 relatif à la filière de maîtrise en unité
élémentaire d’exploitation concernant le niveau chef d’UET, ainsi qu’aux
dispositions contraires résultant d’usages.
Au
cas où des dispositions légales et conventionnelles nouvelles ayant une
incidence sur les dispositions du présent accord viendraient à intervenir, les
parties signataires conviennent de se rencontrer pour en examiner les
conséquences.
Toute
organisation syndicale représentative au niveau de l’entreprise et non pas
seulement de l’un ou l’autre des établissements la composant, qui n’est pas
partie au présent accord, peut y adhérer lorsque les formalités prévues à
l’article L 132-9, dernier alinéa, auront été accomplies.
Le
présent accord peut faire l’objet d’une dénonciation dans le respect des
dispositions de l’article L 132-8 du code du travail.
ANNEXE
non contractuelle
Liste des secteurs assimilés à des
secteurs d’exploitation industrielle
·
Maintenance
/ logistique des directions d’établissement RENAULT Siège, RUEIL - LARDY et
GUYANCOURT
·
GUYANCOURT : CRPV (prototypes véhicules) ; DPC
(Aubevoye) roulage
·
RUEIL -
LARDY : CRPM (prototypes moteurs) ; CTL (préparation véhicules
d’essai, moyens d’essai, bancs moteurs et bancs à rouleaux, préparation
moteurs)
·
CERGY
(secteurs de production)
·
Grand
COURONNE (secteurs de production).
Fait
à Boulogne - Billancourt, le 5 avril 2002
Pour
RENAULT S.A.S.
Le Directeur Central des Ressources
Humaines
M. Jean Michel KEREBEL
|
Pour
la Fédération Générale des Mines et de la Métallurgie (C.F.D.T.) représentée par M. Fred DIJOUX |
Pour
la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie (C.G.T.) représentée par M. Philippe MARTINEZ |
|
Pour
la Fédération de la Métallurgie (C.F.E./C.G.C.) représentée par M. Robert MALHERBE |
Pour
la Fédération Nationale des Syndicats de la Métallurgie et Parties Similaires (C.F.T.C.) représentée par M. Serge DEPRY |
|
Pour
la Fédération de la Métallurgie (F.O.) représentée par M. Lucien MEREL |
|
[1] La filière 611 est utilisée dans les établissements industriels. Toutefois, des secteurs ne relevant pas de ces établissements peuvent être assimilés à des secteurs d’exploitation industrielle, compte tenu de la nature des travaux qui y sont efffectués. Leur liste non contractuelle figure en annexe du présent accord.